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La fin d'un cycle ... le début d'un nouveau...
S'ouvrir au renouveau c'est aussi faire le point sur le chemin parcouru

2025 était le symbole de la fin d'un cycle, une année 9 en numérologie synonyme de bilan, de clôture, de transformation, de fin...

Comme dans toute fin, il y a un deuil à faire, une page à tourner, laisser partir sans retenir pour faire place à un nouveau chapître, un nouveau cycle de 9 ans. Alors avant de poser mon regard sur les 9 années qui s'ouvrent devant moi (au moins sur la 1ère de ce cycle même si certains objectifs se dessinent), j'ai eu le besoin de faire un  bilan. Un petit point en tête à tête avec moi même. J'ai pris le temps de laisser mûrir ce besoin et c'est ce weekend lors de la 1ère nouvelle lune de l'année que l'élan se présente. L'intention est là, de coucher quelques lignes, ici, pour faire le point sur le chemin parcouru. Cela peut aussi répondre en écho aux questions qui me sont souvent posées au cabinet : "comment faite vous pour rester alignée?"; "comment savez-vous tout ça?"; "ça à l'air facile pour vous, moi je n'y arrive pas". J'ai parfois l'impression que les personnes que j'accompagne trouve ma vie simple ou facile et que pour être aussi calme et alignée je n'ai pas eu d'obstacles, de difficultés ou encore de douleurs profondes (je vous l'accorde ce sont des suppositions ou des perceptions fines parfois au détour d'un regard ou d'un mot). Bien-sûr je comprends cela car les séances ne sont pas le lieu de me raconter. 

Je ne savais, d'ailleurs, pas si le faire ici était judicieu ou propice puis je me suis dit que cela répondait à mon besoin, un besoin simple dénué d'attente, le besoin de juste déposer pour tourner la page avec sérénité. Une rétrospective qui traverse des périodes vraiment sombres de ma vie.

Cette rétrospective nous propulse en 2016. L'année de grand changement avec la décision importante de quitter une vie confortable en France pour une vie incertaine en Afrique de l'Ouest. Pays de coeur qui nous (ma famille et moi) a accueilli pour suivre un rêve, une utopie peut-être celle de contribuer à changer le monde. Pleine d'idéaux, de croyances et de naïveté sans doute, j'ai embarqué ma famille sous le bras dans cette aventure sans filet (pas de logement ni de de travail).  Une installation difficile dans un contexte de précarité, d'insécurité et de santé fragile :

  • 2016 : installation pleine de rêve dans un logement aux abords d'un "bidonville". 1er job pour une ONG américaine avec un contrat local très peu rémunéré et des missions en brousse la moitié du mois. Les premiers palus, les premières rencontres et découvertes. 

  • 2017 : notre immeuble est victime d'un incendie en plein nuit (les compteurs électriques trafiqués de voisins ont pris feu). Coincés par la fumé nous avons pu être secouru par Moussa le gardien de l'immeuble. Heureusement notre appartement ne prend pas feu. Faute de moyen nous restons dans ce logement pour un temps. J'arrive à décrocher un autre emploi pour Médecin du Monde en contrat local, enrichissant mais pas suffisant pour pouvoir faire vivre ma famille (vivre dans une capitale Africaine est aussi cher que de vivre dans une ville de France). 

  • 2018 : nous déménageons dans un nouvel appartement. Ce second logement sera le témoin de la dégringolade : mensonges, endettement, séparation conjugale, divorce, maladie, ... A ce moment je suis dans l'obligation de vendre tous mes biens de valeurs dont mon appartement en France. 

  • 2019 : Ce second logement est totalement inondé à cause des pluies tropicales et d'un défaut d'évacuation des eaux. Une inondation tellement importante qu'il pleut à l'intérieur de la maison. Dans la même période ma fille tombe gravement malade et doit être hospitalisée. Impossible de la rapatriée tellement elle était faible. Je me suis donc retrouvée seule avec 2 enfants à des milliers kms de chez moi sans logement. Je peux dire que durant cette période j'ai touché le fond, les abysses, le coeur brisé en milles morceaux, le corps à bout de souffle et la tête en mode warrior. Rien n'allait. Mon monde s'était littéralement écroulé. A ce moment précis, je me suis demandée si la vie méritait d'être vécue.

C'est alors que j'ai vu une solidarité qui n'existe que dans les pays où les gens vivent au jour le jour : un hébergement temporaire, des visites longues des membres de ma famille, des amies en or, et un employeur qui a pu modifier mon contrat de travail pour me permettre une sécurité professionnelle et donc financière. 

Ah oui aussi, pendant ce temps, pour couronner le tout, ma nounou m'a volé le peu d'économie que j'avais pu mettre de côté et qui devait m'aider à payer ma caution pour un nouveau logement (correspondant à 6 mois de loyer à Babi.) Puis elle m'a mis au Prud'homme local... 

Comment vous dire que le mode survie a été littéralement activé, un processus de protection extrême qui verrouille à peu près tout. La multiplicité des traumas vécu en un court laps de temps a véritablement affecté mon moi profond, mes ressources personnelles, mes croyances, ma vision du monde.  Puis la vie bougeant sans cesse... j'ai pu, grace à mon employeur, trouver un logement, m'y installer avec mes enfants et m'entourer de belles personnes. 

A cette période, mon travail consistait à ouvrir un centre de prise en charge médico-psycho-socio-communautaire pour les usagers de drogues. Un travail très épanouissant avec un responsable qui m'a laissé tout l'espace pour créer, inventer, tester, former, transmettre, ajuster pour enfin ouvrir le premier centre de toute la Côte d'Ivoire. J'avais une équipe de choc, j'ai fait de très belles rencontres, j'ai mené des actions improbables comme celle d'aller dans des ghettos ou de parler à des ministres pour faire changer les lois. Un moment de "grâce" et de reconnaissance professionnelle. Puis le Covid est arrivé, d'abord en Europe, puis en Afrique.

  • 2020 : Les frontières sont fermées, les écoles aussi, le couvre feu est arrivé assez vite. Le personnel non essentiel a dû quitter le pays. Et c'est là que j'ai commencé à poser un problème. Ma nouvelle responsable m'a simplement dit "je ne sais pas quoi faire de toi, tu es essentielle pour la mission mais ta situation perso me pose un problème" (maman solo de 2 enfants) voilà voilà... on m'a donc laissé le choix entre rentrer en France où le Covid était partout et abandonner mon projet et mes collègues ou rester au risque de ne pas pouvoir faire soigner mes enfants si quelque chose venait à arriver car impossible d'être rapatriés en urgence en France. Petit point contexte : à ce moment là, il n'y avait qu'un seul avion par semaine pour toute l'Europe. Alors, par conscience professionnelle peut-être (ou par bêtise, ou par naïveté ou par... encore aujourd'hui je ne sais pas trop) j'ai décidé de rester à Babi avec mes enfants. J'étais sur le terrain pour le compte d'une ONG oeuvrant dans le domaine de la santé et mes enfants à la maison avec mes supers nounous avec une pseudo école à la maison. Peut-être n'êtes vous pas au courant mais quand on travaille pour une ONG, il y a des protocoles sécurité à respecter. Comment vous dire que pendant cette période tout a été radicalement endurcit. Pour faire simple nous n'avions plus de vie... jusqu'à l'impossibilité parfois de faire des courses pour nourrir sa famille. Tout ceci dans un contexte fortement anxiogène : pour vous donner une idée au début de l'épidémie cette ville de plus de 6 millions de personnes ne comptait que 30 lits de réanimation....

  • Eté 2020, une seconde vague de difficulté est arrivée (à peine remise de la précédente). Une vague d'anxiété s'est ajouté au Covid avec les élections présidentielle. (manifestations, milices, morts...) Et en parallèle, cette nouvelle responsable qui je dirais de façon politiquement correcte a été dépassé par les événements prends de nouvelles décisions et règles sécuritaires (comme précisé plus haut ces règles sont non négociables en tant que salarié d'une ONG). Ces règles m'ont paru complément insécure pour moi qui vivait dans le pays depuis 4 ans, j'en ai fait part ... on m'a dit "je serai toi je mettrais les enfants en sécurité" et on ne m'a pas dit "reste en sécurité en France et tu travailleras en télétravail" comme des milliers de personnes pendant cette période. Je n'ai pas vraiment eu le choix que de prendre la décision de laisser mes enfants en France pour leur sécurité. Avec du recul je me dis que je n'aurai pas dû y retourner, que je n'aurai pas dû accepter ces conditions, mais je ne voulais pas laisser le projet dans lequel je m'étais tellement investie et mes collègues etc... le sacrifice a l'état brute ! Cette décision a été prise l'avant veille de la rentrée scolaire lors d'un séjour en France. J'ai trouvé une école, je les ai installé chez mes parents, nous avons pris 3 jours pour nous dire au-revoir dans un endroit neutre puis je suis repartie sans date de les revoirs. 

Les derniers mois de 2020 ont juste été horrible, loin de mes enfants dans un contexte pro et sécuritaire plus que difficile. Je vous passerai les détails mais cette fin d'année a été marqué par un harcèlement de la part de ma responsable. Elle m'a fait porter tous ses maux. J'ai fait le dos rond, j'ai continué de m'investir dans mon travail notamment pour la reconduction du projet RdR avec l'attribution de financements pour 3 nouvelles années et une extension des activités à 3 villes. J'ai pu revoir mes enfants 5 jours fin octobre début novembre quand nous avons été expatriés pour la période des élections, puis une seconde fois en décembre pour qu'ils puissent dire au revoir à leur pays, à leur amis, nounous etc... car je venais d'apprendre que même si j'avais obtenu 3 millions d'euros pour ce nouveau projet il n'y avait pas d'argent pour financer mon poste ... j'avais donc 1 mois pour quitter ma vie.

  • Janvier 2021 : je vends toutes mes affaires, je fais rentrer ma vie et celle de mes enfants dans 3m4 et je prends un aller simple vers la France retrouver mes enfants. Fin d'un chapitre, d'une vie rêvée. C'est surtout la fin d'un désenchantement.

Une fois rentrée, épuisée, je me suis demandée comme j'avais réussi à tenir. Et vraiment ce qui m'a fait du bien pendant toute cette période si difficile, ça a été de revenir à l'essentiel, d'être un maximum dans le moment présent même s'il était dure et douloureux. J'ai eu le soutien de mes amies, de ma famille, j'ai dansé, médité beaucoup, lu des choses qui m'ont permis de comprendre et de transformer, m'ouvrir de plus en plus à la spiritualité. J'ai pu progressivement redessiner mon monde en observant mes ressources et mes résistances. 

Il est venu ensuite le temps du questionnement : qu'est-ce que je fais en France? est-ce que je repars en mission? l'étranger? la France? dans ma tête il était clair que nous repartirions vivre là où je trouverais du travail. Work Addict au secours ! 
J'ai redécouvert la France en post Covid, très auto centrée, très anxieuse. Ma vision du monde suite aux expériences de ces dernières années avait tellement évoluée que je ne comprenais plus mon propre pays. J'ai été complétement perdu avec un sentiment contradictoire d'être d'une part étrangère chez moi et d'autres part d'être enfin en sécurité. 

  • 2021 : emménagement dans l'appartement gracieusement rendu disponible par ma cousine. J'ai étudié les propositions de travail de MdM, ici et là bas. J'ai travaillé depuis la maison pour organiser un colloque internationale pendant quelques mois. (le télétravail était bel et bien autorisé en fin de compte...) Puis on m'a proposé des emplois à responsabilité à Paris, ces postes qui me faisaient tant rêver avant. Et puis comme un déclic (merci la psychothérapie et la médecine chinoise) je me suis choisie ! enfin ! pour de vrai ! j'ai dit non à tout ce que beaucoup m'aurait conseillé rationnement de dire oui. Je me suis posée les bonnes questions ou plutôt dans le bon sens. Ex : au lieu de ... "où je vais pouvoir travailler?" plutôt .... "qu'est-ce que j'ai véritablement envie de faire?"  au lieu de  ... "je me poserai dans un endroit en fonction de l'emploi trouvé" plutôt... "où est-ce que j'ai envie de poser mes bagages, où est-ce qu'il sera plus facile de me reconstruire?".  Et en réajustement ce dialogue interne j'ai pu prendre une direction plus juste, plus douce, plus tempérée, plus alignée. 

  • septembre 2021 : je me réoriente complètement au niveau pro, je démarre ma formation en hypnose Ericksonienne. Je ne sais où cela va me mener. J'ai la conviction profonde qu'avec ma formation initiale de travailleur social et les expériences vécues les dernières années, je peux aider et accompagner les personnes différemment avec d'autres outils. Cela a heurté mon entourage par moment car mes choix ne répondent pas à un standard de 'il faut" "je dois" mais à un élan plus profond. J'ai été parfois incomprise, souvent jugée jusqu'à être rejetée par certaines personnes. 

J'ai vécu tout cela de façon douloureuse, "pourquoi ne pas me laisser simplement être la personne que je suis, et non celle qui vous convient?" Je me suis aperçue que j'ai longtemps attendu de la compréhension de la part des autres. Je leur ai inconsciemment demandé de se mettre à ma place. Puis j'ai réalisé que même avec toute la bonne intention/volonté du monde, personne ne pourrait le faire. Incapable pour les personnes restées en France de comprendre et d'intégrer tout ce par quoi je suis passée en un laps de temps si réduit. J'ai donc lâché cette attente et j'ai continué mon bonhomme de chemin. 

  • 2022: je réalise plusieurs formations en énergétique, je poursuis le niveau maître en hypnose. Je crée mon auto-entreprise, je trouve deux lieux pour exercer. Je prends mes marques. Je rencontre de belles personnes. Je mets mes outils au service de mes accompagnements. De plus en plus de personnes me font confiance. Je me réalise. 

  • 2023 : Je décide de faire un voyage de pèlerinage avec les enfants en Côte d'Ivoire pour laisser une autre empreinte de ce pays sur notre coeur. Un voyage en douceur sur les traces de notre histoire pour dire au-revoir de façon plus sereine. Cette décision fut vraiment salvatrice pour tout le monde. J'accueille et j'accepte ce pan de mon histoire. Je baisse les armes. La page se tourne. Je trouve l'amour ou plutôt l'amour me tombe dessus au moment où justement j'arrête de vouloir le trouver. Je réapprend à aimer avec mon coeur brisé. Je continue de me faire accompagner pour mieux accompagner moi-même. Certaines peurs sont toujours présentes notamment d'un point de vu financier (normale après avoir tout perdu), je décide donc de prendre un travail salarié en parallèle de mon activité indépendante. Je deviens formatrice dans le domaine de la santé mentale pour une association. 

  • 2024 : je développe deux activitées celle au cabinet avec un nouveau lieu professionnel (mon lieu à moi) et la formation où je me forme aux premiers secours en santé mentale et je forme des particuliers ou des professionnels à différentes thématiques autour de la santé mentale. J'apprends à aimer ce nouveau travail, j'ai de super collègues mais à nouveau je m'aperçois que j'ai un responsable pas vraiment dans les clous... Côté perso, je fais un magnifique voyage au bout du monde et nous construisons de nouveaux projets à 2 à 4. J'ai véritablement le sentiment de toucher concrètement les fruits de mon parcours de transformation personnel. Je lâche les dernière résistance, les dernières peurs... je vis l'alignement et je mets tout en place pour le respecter. Je m'offre même une cure ayurvédique seule avec moi même pour prendre pleinement soin de moi. 

  • 2025 : je me suis laisser avoir encore une fois par la work addict qui sommeil en moi... J'ai continué à tout mener de front pour au final travailler à plus de 120% et élever seule deux enfants. A nouveau, une prise de conscience ou plutôt un coup de pied aux fesses de ma thérapeute qui m'a dit ça suffit ! je lève le pied et retire une journée de mon agenda pro. Mais comme je n'aime pas le vide, et que j'avais envie de me former depuis un moment, je démarre une formation en numérologie créative. J'adore !!! un nouvel outil avec lequel j'ai pu encore mieux me comprendre. Faire le lien entre les nombres, les énergies et la façon de pensée, de ressentir ou d'agir a été une vraie source d'alignement. En bonne année 9, 2025 m'a aussi contraint de stopper certaines choses, la fin se dessine progressivement pour mon poste en salariat.

  • 2026 : nouveau cycle qui démarre avec un licenciement économique... rien n'est définit, un nouvel espace s'ouvre, de nouvelles choses sont à écrire à créer...

Aujourd'hui, je n'ai plus peur. Je sais le chemin parcouru pour être là où j'en suis : centrée, authentique, imparfaite, vraie, alignée, respectueuse envers moi-même et les autres... je sais ce que je suis et ce que je  ne suis pas. Je n'ai nulle besoin de prouver aux autres que je mérite leur attente ou affection. Ils sont libres de m'aimer ou de ne pas m'aimer telle que je suis ce n'est pas un problème pour moi. 
J'ai dû perdre pied, toucher le fond, me sacrifier, ne pas me respecter pour me trouver, m'accepter, être fidèle à moi même, me respecter, faire la paix. Aujourd'hui, je m'aime suffisamment pour savoir où je me situe dans ce monde et ce dont j'ai envie de lui offrir.
Hâte de vivre ce nouveau chapitre... d'écrire de nouvelles pages avec les ressources qui m'habitent maintenant...

Marie-Julie Marche, Besançon, le 18/01/26


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